Historique

Le Château de Verchaüs, ancienne demeure d’Auguste Pavin de Lafarge, fut édifié à la fin du XIXème siècle (entre 1880 et 1882). Il se situe à quelques centaines de mètres de la cité blanche faisant ainsi partie d’un ensemble patrimonial cher aux habitants du bassin vivarois. Aujourd’hui, le Château de Verchaüs est un monument conservé par des hommes et des femmes passionnés, trace laissée dans les paysages et dans les esprits par celles et ceux qui l’ont construit et habité.

A l’origine du château de Verchaüs : la famille Pavin de Lafarge

Chronologie Lafarge
Chronologie des origines de l’installation de la famille Lafarge en Ardèche

C’est au cœur du XVIème siècle que l’histoire de Lafarge et de ses environs puise ses origines. À cette époque, au sommet de la colline qui domine l’actuelle RD86, il y avait un château bâti par l’évêque Louis de Poitiers. Ce n’est qu’à la moitié du XVIIIème siècle que la famille Pavin, originaire du Poitou, acquiert la seigneurie de Lafarge. Plusieurs années plus tard, à la fin du XVIIIème siècle, la montagne à proximité du domaine fut vendue à un notaire. Il y fit construire deux fours à chaux et en confia l’exploitation à un tiers. Ce n’est que peu de temps après que cette exploitation fut reprise par Claude Pavin.

Entre la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècle, les membres de la famille se succèdent à la tête de l’entreprise, la faisant croître progressivement. En 1864 l’exploitation avait atteint le nombre de 20 fours et une capacité de production de 50 000 tonnes par an. Une telle production nécessitait de faire appel à un grand

Mur ecrits château de Verchaüs
Traces écrites par la famille Lafarge (tailles des enfants au fur et à mesure de leur croissance)

nombre d’ouvriers et très vite le problème des repas et des couchages s’est posé. Ce fut alors le début de la construction de la cité blanche qui passa d’un dortoir et d’une cantine pour environ 250 ouvriers en 1880 à une véritable cité de plus de 100 logements en 1913. Par la suite, le progrès technique et la mécanisation à outrance ont réduit au minimum les besoins humains. La cité blanche fut peu à peu désertée par ses habitants. Mais cet ancien lieu de vie et ses alentours sont toujours là, témoins d’un passé révolu, témoignage émouvant de l’activité humaine dont elle a été le cœur au début du siècle.

Verchaüs, un château inséparable de son contexte social, industriel, culturel…

Beaucoup de Vivarois peuvent témoigner de ce qu’a été leur vie dans ces lieux. C’est au cœur de cette histoire prestigieuse que le Château de Verchaüs prend sa place. En effet, il n’est pas un monument autonome. Il s’inscrit dans un tout allant de la carrière à la cité blanche. Toute la ville est emprunte du passé de l’entreprise Lafarge. Le château et ses environs sont des endroits forts de l’histoire de la commune. Ainsi, nombreux sont ceux qui sont passés par ces lieux et en ont été marqués, travailleurs dans les carrières, familles de travailleurs, commerçants de la cité ou encore domestiques, jardiniers et habitants des différentes demeures Lafarge.

Elément d'architecture, plafond château de Verchaüs
Élément de décoration – Château de Verchaüs

Dans la cité blanche, toute une vie s’épanouissait à cheval entre un travail pénible et un quotidien harmonieux en quasi communauté. Les gens y naissaient, y grandissaient… Au-delà d’être un pôle de production de ciment et de chaux important, Lafarge, sa cité et ses alentours sont des lieux chargés de mémoire, de souvenirs. Les origines de Lafarge sont nobles et anciennes, son passé est empreint de tous ceux qui y ont vécus et ont participé à son évolution.

Verchaüs, une demeure, un lieu de vie conjugué au passé et au présent

Verchaüs, actuel lieu mutualisé de créations, fut construit entre 1880 et 1882, quand Auguste Pavin de Lafarge, troisième des 8 enfants de Léon, décida de faire édifier sa propre demeure. Les plans de celle-ci auraient été conçus avec l’aide de son oncle Édouard et de son frère ainé, Raphaël. Auguste s’y installa après son mariage avec Bénédicte Roux de Brézieux en 1883. La grande demeure fut construite au milieu d’un parc boisé, proche de la montagne. Le nom de Verchaüs signifierait versant chaud en patois (l’été il était possible de privilégier les pièces du coté le plus frais, celui de la vallée). Le lieu de vie s’étageait sur trois niveaux et la tour contiguë au nord en comportait quatre. L’entrée se faisait du côté de la montagne, on traversait un hall, dallé de noir et blanc sur lequel donnait un grand bureau, deux salons, la salle à manger, la cuisine et une petite office. Au premier comme au deuxième étage un couloir de tomettes vernies desservait les pièces côté montagne et côté vallée.

Château de Verchaüs, momument historique
Photographie de 1989 lors de l’inventaire des monuments historique

Le Château de Verchaüs était un lieu très vivant, la famille y logeait, de nombreux domestiques y travaillaient, des réceptions et des diners y étaient organisés. En effet, en plus de ses activités professionnelles, Auguste menait une carrière politique. Ainsi, il fut élu au Conseil général en 1889, puis réélu régulièrement jusqu’à son décès en 1927. Tout au long de sa vie, il reçu régulièrement, dans sa demeure vivaroise, des nobles, des personnalités politiques et des riches industriels. Au-delà d’être la demeure des dirigeants Lafarge, le Château de Verchaüs était le lieu de rencontre où politiques et industriels se côtoyaient et prenaient ensemble des décisions. Ce lieu était le théâtre d’enjeux importants pour l’entreprise Lafarge et le bassin vivarois.

Un projet de création et de développement… artistiques et culturels

Cours du château de Verchaüs au démarrage du collectif, en novembre 2014
La cour du château de Verchaüs en 2005

Aujourd’hui, de la cité blanche aux anciennes demeures de la famille Pavin de Lafarge ce patrimoine doit être sauvegardé. Depuis 2005, le Collectif du Château de Verchaüs s’est installé. A notre arrivée le château était abandonné depuis plus de 25 ans. Depuis sa création, le Collectif du château de Verchaüs s’est, entre autre, donné pour mission de rénover ce lieu de patrimoine cher à un grand nombre d’habitants du bassin vivarois. De fait, voilà quinze années que l’ensemble des membres œuvre avec peu de moyens pour restaurer l’ancienne demeure de la famille Lafarge et lui donner une seconde vie.

Mais, la mutualisation des compétences, la solidarité et la persévérance de l’ensemble des individus et des associations membres ont déjà permis de nombreuses avancées, aussi bien dans la restauration que dans la structuration d’un collectif fort, apte à mener de nouveaux projets.