Exposition OMBRE(S)

Vernissage // Vendredi 20 septembre à 18h30 //

OMBRES(S) en présence des 5 artistes participants :

Elsa Ohana (gravure contemporaine)

Anouck Everaere (photographe)

Elisabeth Péchiney (plasticienne)

Henri Pol (photographe)

Tristan Zilberman (photographe)

et des œuvres du GAC 07

OMBRE(S)

L’été s’achève, le château de Verchaus sort de sa touffeur et de l’éblouissante lumière qui l’accompagne. L’heure de notre deuxième exposition temporaire de la saison est venue. Elle s’ouvre avec les journées du patrimoine et se prolongera durant six semaines. « Ombre(s) » fait écho à « Lumière(s) » exposition proposée au printemps dernier. Conçue par les membres du collectif du château, elle présente cinq artistes invités. Ils  vont en complicité avec les artistes du  collectif et des œuvres de l’artothèque départementale  interroger la force de cette question de l’ombre.

// L’ombre, zone qui n’est pas dans la lumière mais en dépend.

// L’ombre, silhouette sans épaisseur, propre ou portée…

// L’ombre met à l’abri des regards, évoque parfois  l’oubli et l’effacement. …

// Ces échappées à la lumière invitent à l’intériorité

// C’est ce qui sous les yeux du spectateur s’offre ici au gré des rencontres porté par la diversité des  techniques et médiums d’expression

// Entre photographie, estampe, in situ, sculpture…

// On dit parfois que la lune est la reine des ombres

Ici, c’est l’enceinte du château, elle leur  offre cette place et  tente de les magnifier.  Nous vous souhaitons une belle rencontre.

Elsa Ohana

Ligne en exil

Je poursuis un travail autour de la ligne, entre apparition et fuite. Le support papier comme le point de rencontre entre le dessin et l’empreinte, le geste pour explorer la peau de l’image, le grain du support. Le dessin comme les marques d’un passage ; des ombres et des lignes tracées dans le ciel de la page. Le dessin comme la projection graphique d’un désir. Une quête d’ordre archéologique, l’excavation d’un motif, qui remonte aux origines et dont on perd la généalogie. 

Le dessin comme la mise en forme d’une pensée mobile qui se développe et qui connaît toutes sortes d’états, toutes sortes de « devenirs ». Un système à entrées et sorties multiples où parfois les visages se devinent ou se dévoilent, jouent avec les fusions en associant empreintes, technique picturale et dessin.
Je combine le dessin avec l’image imprimée, jouant des rencontres entre le geste et la tache, la densité de la ligne et celle de la trace. Cette rencontre entre le dessin — reliquat de figuration — et le substrat de l’image imprimée crée une matière trouble, comme une peau fugitive… conservant par endroit des zones de netteté puis de flou, des textures mouvantes, à la limite du lisible.
Au départ, il y a des images photographiques. Puis celles-ci sont décontextualisées pour se manifester plastiquement comme des figures errantes, des apparitions furtives dans le blanc de la feuille, des portraits archipels. Les corps se superposent, s’amalgament. Suite cinétique d’images de corps, qui nourrissent un dialogue… que le spectateur à charge d’imaginer. Je cherche à provoquer une juxtaposition de temporalités avec les moyens du dessin. Les visages forment un récit non linéaire, fragmenté, manquant, déroutant. Un monde de relations, de rêves, de doutes qui confronte le spectateur à des images plurielles.

Ellipse & discontinuitées

J’envisage le dessin comme une sculpture dans l’espace blanc, la feuille comme un champ de projection, une trajectoire faite de directions mouvantes, un territoire flottant de possibles. L’espace blanc, espace de réserve est alors un espace de sustentation : effet d’une force qui maintient le corps à distance sans contact avec les bords de l’image. Je perçois le vide comme un espace de déstructuration de l’image. La part du blanc dans l’image agit comme un élément actif : elle fait fonction de déséquilibre formel, mais aussi sémantique puisque l’histoire potentielle échappe à toute linéarité. Cet espace blanc devient alors une surface de projection possible pour celui qui regarde… Un hors champ. Le dessin ouvre alors vers un récit discontinu et elliptique, obtenu au moyen de l’épure. Dessin, gravure, empreintes m’invitent à poursuivre ce travail combinatoire autour de l’effacement, du vide et du corps en arborescence. Le travail présenté ici est une étape de recherche vers de nouveaux territoires graphiques… du dessin et de la feuille comme peau, comme zone sensible.

Anouck Everaere (photographe)

Anouck Everaere est née en 1991 à Lille et partage sa vie entre la France et la Belgique. Photographe contemporaine à l’inspiration du courant Nouveau documentaire, elle expose ses images entre Paris, Lyon, l’Ardèche et Bruxelles et construit sa matière plastique autour de la représentation du territoire et des origines. Comment habiter un espace qui nous est familier ou totalement étranger? Comment représenter l’intime ou la découverte? Au travers de nombreuses séries dans des lieux hétérogènes, elle explore les sensations produites lorsque l’on cherche ses propres limites.

Son travail est montré lors d’expositions personnelles ou collectives telles que la série «Les yeux pour voir», projet sur les maladies psychiques, «La permanence des passants», projet sur l’expérience de la solitude ou «No es un trabajo», qui dépeint le portrait de femmes prostituées dans leurs quotidiens.
Passionnée de photographie argentique, elle a choisi le moyen format Mamiya 645 comme outil d’expression. Ancienne élève des beaux-arts et de l’école photographique BLOO, elle découvre les procédés anciens de la photographie par le biais de Dominique Sudre à l’atelier Magenta à Lyon. La galerie Modernblocks à Bruxelles la représente depuis maintenant un an et propose sa série «Là d’où tu viens». En parallèle de sa pratique photographique, elle travaille au Village documentaire de Lussas en Ardèche en tant que chargée de médiation, à l’école documentaire.

AVANT LA NUIT : Série argentique noir et blanc, – Avant la nuit – est à la fois une constellation d’instants fragiles capturés au fil des rencontres et à la fois un semblant d’album de famille qui prend forme dans la pénombre et restera, comme les lointains souvenirs, toujours inachevé.

Elisabeth Péchiney (plasticienne)

Sculptures métal et papier – Formée aux Beaux-Arts à Paris, j’ai enseigné le dessin durant cinq ans dans les établissements de la région parisienne. Arrivée dans la Drôme en 1983, le travail de sculpture en terre « cuisson raku » m’a beaucoup intéressée durant une quinzaine d’années. Début 2013, une nouvelle aventure a commencé avec le travail du métal de récupération et le papier. Il s’agit de réunir sur une même pièce, deux matériaux que tout oppose.Faire dialoguer le minéral et le végétal dans un rendu proche de la fossilisation, soulevant le questionnement de la destruction de notre environnement, la disparition de la couleur dénonçant un monde où la faune s’échappe progressivement. Je récupère donc des morceaux de métal rouillé qui m’inspirent et me permettent, en les assemblant, de réaliser diverses sculptures. Puis je laisse aller mon imagination en tentant de donner artistiquement une seconde vie à des objets rouillés.

Parcours : Après avoir suivi les cours des Beaux-arts à Paris, j’ai enseigné le dessin dans des collèges de la région parisienne. Arrivée dans la Drôme en1983, je me suis formée au travail de la terre auprès d’un professionnel à partir de 1996. Installée dans mon atelier à Aouste-sur-Sye en 2000, j’ai eu l’opportunité d’ouvrir un atelier-boutique sur Crest durant chaque été, pendant une dizaine d’années. En parallèle, j’ai exposé des pièces dans divers lieux, notamment:
– Arlette galerie à Lyon à partir de 2002
– Salons d’Art régionaux (Créa d’art à Etoile, Salon Arts et Lettres à Beauvallon, Festival Arts et Vigne à Châtillon-en-Diois, Palais Delphinal à St Donat…)
– Différentes expositions dans des lieux tels que : la Tour de Chabeuil, la Tour d’Etoile-sur-Rhône, l’église Ste Foy à Mirmande, la Tour du village médiéval d’Oingt….
– Depuis fin 2012, je travaille le métal de récupération mêlé au papier journal.
– En octobre 2013, ouverture de mon atelier dans le cadre de « Rendez-vous à l’atelier », manifestation organisée par la Mapra de la région Rhône-Alpes.
– Le circuit » d’Art-à-Demeure » à Mirmande dans l’église Ste Foy.
– Exposition à la galerie « Espace Liberté » à Crest.
– Participation au marché de créateurs de Chalencon.
– Participation à « Chemin de peintres » à Jaillans, organisé par la communauté de communes de Bourg-de-Péage.
– Exposition à l’Espace Envol à Privas.

Henri Pol (photographe)

Auteur photographe depuis 2005.  Il aime particulièrement la photographie humaine, et porteuse de message. Mais il peut également se passionner pour un lieu, des objets, et la photo de nus. Plusieurs de ses projets personnels ont pu trouver des financements pour donner lieu à diverses expositions en métropole ou à l’étranger. www.henripol.fr    www.henripolphoto.com 

Livres :  « POSTE RESTANTE » (Ed. La Fontaine de Siloé) en 2011 // « GLOBE TROUTTER » (Ed. Œil de Terres) en 2017 // diverses publications

Dernières expos : Les Tendresses des loups – Arles, moi du nu, 2019 // Double vue – Lausanne, Suisse, 2019 // Regards : St Vincent de Barrès, Meysse et Rochemaure, 2019 // Candellarum 2 : Viviers, Château de Verchaüs », 2019

 Henri Pol est membre du collectif de photographes « Œil de Terres ». «La photo n’est pas à l’extérieur du photographe, elle est en lui-même, comme la rencontre qu’il attend » Edouard Boubat.

CANDELLARUM 2 (ombre à la bougie) : C’est en m’inspirant des grands peintres flamands, maitres du clair-obscur, que j’ai eu envie de réaliser ces séries de natures mortes éclairées à la bougie. Comme pour Candellarum 1, exposée en permanence au cinéma « Le Vivarais » à Privas (07), j’ai voulu que ces compositions soient le décor, un détail, d’une histoire, d’une vie, d’un instant dans une vie, que chaque regard pourra s’inventer. Pour cette nouvelle série Candellarum, j’ai intégré dans certaines compositions des éléments contemporain (smartphone, clé USB,…) pour un clin d’œil à notre société moderne. Je remercie la brocante « Verre et plume » de mon ami Patrick à Privas qui m’a fourni quelques éléments.

Tristan Zilberman (photographe)

Tristan Zilberman est né le 30 mars 1969 à Valence dans la Drôme. Il débute la photo en 1995 et ça devient rapidement pour lui, une passion.  Il acquière quelques rudiments par le biais d’un club photo . En tant que photographe amateur, il va présenter ses travaux dès 1997, en organisant des expositions. Le plus souvent des photos de voyage, ou des reportages sur différents thèmes au grès des opportunités, la photo humaniste constituant son registre de prédilection. Au tournant des années 2000, il s’intéresse aux évolutions technologiques. Il commence par la numérisation et l’impression puis se met à la prise de vue numérique. En 2011, il crée la Fabrique de l’image. Un espace dédié à la photographie, un atelier d’impression qui est aussi un lieu d’expo.

MYSCÉLIUM / Démarche artistique

Stopper le processus lent de décomposition de l’image du passé, en la figeant, pour la révéler au présent, altérée, mais superbe et magnifiée par l’hommage qu’elle rend à sa propre histoire et nous questionne sur notre propre existence. Sortir ces images de l’ombre. « La mort nous fait prendre conscience de l’éphémère et par là  de la valeur de la vie, de sa beauté » … « S’il avait immortalité, il n’y aurait pas idée d’écoulement du temps, pas de renouvellement, pas de transformation, pas d’élan, pas de désir irrépressible, et la vie continuerait indéfiniment, jamais comme un don inespéré ». D’après le texte Beauté et mort de Gérard Zilberman 2014

Rien n’est moins sûr que l’éternité.  Rien n’est plus fragile qu’une photographie, léger le papier, instables les supports sur lesquels le photographe couche le bal des ombres et des lumières. Le mouvement de la Vie inexorablement tend vers la Mort. Sur le bord de l’abîme, restent dressés les monuments, les écrits, les peintures et les photographies qui disent le souvenir fragile de ce qui a été. Dyscélium est une éloquente métaphore de ce que nous sommes : friables, altérables, précaires. Tristan ressuscite avec un respect méticuleux ces vies passées et leur en donne une nouvelle, lumineuse, étincelante. Il les cadre, les retient, donne l’illusion d’un présent éternel à ce qui est passé. Un artiste n’entreprend jamais un travail par hasard. Il est mû par une urgence intérieure dont il est parfois dupe lui-même. Mais, si un des carburants des photographes reste la curiosité, l’angoisse face à la disparition demeure leur pathologie motrice principale. Puisque nous allons mourir, hâtons-nous de vivre… Nous dit peut-être Tristan.

—–

Je vais essayer de sauver de la disparition ce que je sais éphémère. Parce que depuis les 192 ans qui nous séparent de la première photographie de Nièpce, des milliards d’images, comme une montée des eaux, nous ont envahies. Sur cet océan peuplé de larves numériques jamais sorties du cocon, Tristan nous invite à contempler plutôt qu’à consommer. Pour nous rappeler qu’une image, une photographie a un corps, une existence physique et que c’est à travers ce corps, qu’il soit Christ dans une église, fétiche taillé dans du bois, relique, stèle ou album de famille, que nous sommes reliés à l’intangible, à ce qui n’est plus. Ce qui est mort, inexorablement, revit, réenchanté dans la beauté fragile des tirages de Tristan. Peut-être un hommage à son père disparu trop vite ?  Francis Traunig

 GAC 07

Artistes et artisans d’art résidents du Collectif

Alexis Degardin Sellier/Maroquinier • Cie Rêveries mobiles Théâtre d’ombres • Elsa Ohana Gravure contemporaine • Gerald Gebelin Photographe • Godefroy Luong Sculpteur • Henri Pol Photographe • Justyna Jedrzejewska Céramique et Gravure • Mireille Merem Cluzet Plasticienne • Rico Priet Luthier • Simon Bertin Sculpteur-forgeron •  ZONE5 Permaculture

Infos pratiques :

  • Vernissage : vendredi 20 septembre à 18h30 – Spectacle « Boucle » à 19h30 & inauguration de l’atelier forge de Simon Bertin
  • Dates : Du vendredi 20 septembre au dimanche 3 novembre
  • Atelier démonstration le 29/09 et le 13/09
  • Jours/horaires d’ouverture : VENDREDI/SAMEDI/DIMANCHE de 14h à 19h
  • Finissage : dimanche3 novembre à 17h avec une performance musicale

 

Exposition LUMIÈRE(S)

Vernissage // Vendredi 5 avril à 18h30 //

LUMIÈRE(S) en présence des 4 artistes participants :

  • Marie Bienaimé (photographe)
  • Antoine Bravar (photographe)
  • Célia Pascaud (verrier)
  • Dominique Tavernier (sculpteur)Du Vendredi 5 avril au Dimanche 26 Mai

LUMIÈRE(S)

Nous voici en avril au château,  le printemps se répand  au cœur des jardins. Une chaleur, fragile encore, doucement s’impose et les jours qui s’étirent  réchauffent enfin les murs… L’hiver n’est plus qu’un souvenir. Alors, Lumière(s)…? !!! Il est temps d’ouvrir au public

Nous démarrons  notre  saison de rendez-vous avec cette belle thématique ”Lumière(s)”. Lors du premier weekend,  les Journées Européennes des Métiers d’Art permettront de découvrir les ateliers de nos artistes résidents permanents du Collectif du Château. Conjointement, démarra aussi une exposition temporaire qui se déroulera sur sept semaines.  Nous présenterons les œuvres de quatre artistes extérieurs invités par le Collectif du Château.  Chacun à sa façon explore dans son travail cette question de la lumière

Comme le rappelle Marie Bienaimé, l’une de nos artistes exposés : « La lumière nous est essentielle, vitale qu’elle soit matérielle ou spirituelle,  elle existe pour nous éclairer, nous guider, nous instruire… »  L’articulation entre les artistes présentés permettra d’en vérifier la force au travers de multiples mediums : la photographie, bien sûr, technique phare s’il en faut, avec Marie Bienaimé et Antoine Bravar, les accompagneront aussi les subtiles sculptures de verre de Célia Pascaud, les dessins, et sculptures scriptées de Dominique Tavernier. Tout un univers accompagné le jour du vernissage par une performance vocale et musicale de la Compagnie Adoxa avec Caroline Tricotelle et Blaise Merino. 

Il y aura  également tout au long des sept semaines “les rendez-vous du dimanche” avec des animations d’artistes et une lecture de morceaux choisis autour de « l’immatérielle  lumière », lus par Marie Verreaux. Nous espérons que ces rencontres vous séduiront et vous attendons chaleureusement.

Marie Bienaimé

 

J’ai reçu mes premiers appareils photographiques jetables pour mes 8 ans. J’étais ainsi encouragée à photographier mes vacances et les évènements familiaux. J’ai eu une pratique photographique régulière mais assez dilettante jusqu’en 2003, année du décès de mon père. Sa disparition fut un moment difficile. Lorsque mon frère retrouva dans les affaires de notre défunt un vieux reflex Canon acquis dans les années 60 au Japon, il me le donna, et une fois réparé, je me mis en quête de « réussir » mes photographies, en hommage à ce papa disparu trop vite. Ainsi, intuitivement, j’ai découvert la photographie et son sens plus profond. La photographie n’était plus juste une image, mais une sauvegarde du présent, l’alliance de plusieurs facteurs techniques et discursifs, m’amenant vers une recherche narrative. De fil en aiguille l’acte photographique a occupé une place de plus en plus grande dans ma vie.

En 2009 je me suis lancée entièrement, et ai décidé de lui consacrer mon quotidien. Depuis lors, je partage mon temps et mon énergie entre travaux de commande et recherches personnelles (et mes enfants). Ma sensibilité m’emmène vers des interrogations sur notre condition humaine, éphémère, la préservation du présent, les traces que nous laissons. Dans mon travail la prise de vue a la place prépondérante, je ne suis pas adepte des retouches, recadrages, ou prises de vues en rafales. Je me positionne toujours assez proche de mon sujet. Je cherche à rendre compte et raconter en toute simplicité. J’ai découvert la technique du tirage cyanotype avec Noël Podevigne fin 2016, et le fait de retourner au labo et pouvoir produire des tirages assez rapidement (le temps manque à mon quotidien), chercher à faire s’exprimer la papier, la matière, marque un virage dans mon cheminement. Le travail de labo est un grand bonheur, et je m’y consacre autant que possible.

L’acte photographique ne peut exister sans lumière. Rien d’ailleurs, je pense, ne peut émerger des ténèbres, la lumière est indispensable à la vie, à la vue, à la création. La lumière, matérielle ou spirituelle, existe pour nous éclairer, nous guider, nous instruire. Pour ma part la lumière est vitale. Douce ou forte, naturelle ou artificielle, elle me nourrit. La technique cyanotype, procédé de tirage ancien, donne toute son importance à la lumière des prises de vues, et le procédé, quelque peu intuitif et aléatoire, révèle et accentue son importance, se l’approprie parfois. Cette exposition rassemble des photographies par lesquelles je vous raconte ce qui éclaire ma route. Des sentiments, des images qui me sont propres, mon langage personnel pour tenter de faire rêver un peu, entre mélancolie et amour, solitude et joie. Mon propos, sensible, se construit à la vue des images. Le tirage cyanotype, monochrome, participe à l’atmosphère dans laquelle je voudrais vous accompagner. Une petite poésie intime, une déambulation dans les histoires simples de nos vies. Mes lumières intérieures, petites bougies de l’esprit ou luminosité incroyable du bonheur, ressenties deci-delà, au gré de ce que m’offre le réel.       Pour en savoir plus sur Marie Bienaimé

Antoine Bravar

« Passionné de photo depuis plus de 20 ans, je suis musicien guitariste et de plus en plus mon activité photo se développe et s’intensifie. Mon travail se divise principalement en 2 parties. Une première partie est un travail de fond. Un travail quotidien comme des notes sur un carnet…. L’idée est de cueillir et de figer des instants furtifs sur la pellicule. Cela peut être pour un intérêt esthétique ou émotionnel. Capturer une couleur, une texture, un graphisme intéressant, une transparence, un reflet, ou bien un portrait ou encore une scène de vie ou un petits rien. Une autre partie de mon travail est réalisée avec des modèles, c’est un travail plus intime que je peaufine depuis quelques années. Le but ultime étant de rechercher une vérité des formes et des regards dans une simplicité et une authenticité apparente. »  Le travail présenté au château sera donc naturellement divisée en deux parties.

Une première partie sous forme de diaporama incorporant des images de mon travail quotidien de cette année 2018. Le choix des images était donc de proposer une sélection mettant en évidence l’impact de la LUMIÈRE sur un objet ou sur une matière, une forme. Lumière qui parfois transforme l’objet du quotidien en le dénudant de sa fonctionnalité primaire et en lui conférent un intérêt tout autre. L’objet n’est là que comme support à la lumière, pour mettre en évidence un potentiel graphique. C’est la lumière qui est le sujet non plus l’objet.

La deuxième partie du travail sera imprimé sur un support papier. Cette série de photos est le résultat de longues séances avec des modèles. L’idée est de créer un environnement propice au lâché prise et ainsi de pouvoir révéler l’intimité de la personne. Dans cette série le rôle de la LUMIÈRE et différent. c’est un écrin, une enveloppe. Elle vient sublimer le modèle. Elle révèle une texture de peau, met en exergue une courbe du corps ou encore magnifie un portrait. Cette lumière n’as pour but que de faire ressentir la féminité dans sa simplicité, sans artifice. la LUMIÈRE permet de matérialiser en image, la douceur, la légèreté de l’instant dans une tranquillité palpable. Pour en savoir plus sur Antoine Bravar

Célia Pascaud

 

Plasticienne, je crée sculptures, pièces murales et bijoux en pâte de verre, fusion de cristaux de verre et vitrail au cuivre. Je mêle aussi les traditions de l’artisan verrier aux nouvelles technologies, sous la forme d’installations ou d’objets empruntant aux techniques du façonnage 3D et au monde du sonore. Des réseaux de cartographies aux courbes de l’écriture, d’un langage à l’autre, mon univers tisse des liens entre paysages de verre et poésie des mots. Une plongée dans un voyage sensoriel, un petit pas de côté.

Mes pièces sont contemplatives, évoquant parfois des roches de verre ou des pierres à rêver. Le matériau verre se révèle sous une facette méconnue : un verre presque mat, parfois soyeux, très minéral aussi, et qui garde sa luminosité et sa préciosité.

Mon atelier se trouve à Saint André de Cruzières en Sud Ardèche, ouvert sur rendez-vous. Je participe également à la boutique collective « La poterie de la forge » à Balazuc, où vous pouvez retrouver mes bijoux. . Pour en savoir plus sur Célia Pascaud

Dominique Tavernier

 

C’est sans doute assez tôt, à l’école, que ça a commencé ; inventer et dessiner avec les copains des codes secrets et des alphabets mystérieux, parfois admirablement tarabiscotés, connus de nous seuls à la seule fin de se transmettre sur des petits papiers coloriés toutes ces choses essentielles de l’enfance. Puis sont venues plus de trente année d’archéologie pratiquée professionnellement. Là, de nouveau, la rencontre avec des structures enfouies sous terre qu’il s’agit de mettre au jour (à la lumière) pour tenter de les lire et de comprendre leur signification. Apprendre à lire les traces, les fragments, parfois les enchevêtrements de murs. Reconstituer les blancs laissés entre les structures et qui en disent souvent long. Et si c’était à la lumière des vides que pouvait circuler librement le sens des choses, comme la musique, souvent, au travers des silences entre les notes ? Nourri de cette approche j’ai pu m’éloigner, au début des années 90, de la recherche archéologique pure et j’ai eu à cœur de bâtir des passerelles entre ces traces matérielles d’un passé qui nous a construits et une expression graphique contemporaine pouvant les prolonger. De sorte que depuis maintenant plus de 25 ans, par le biais du dessin et de la sculpture pratiqués sur plusieurs matières (pierre, bois, béton, papier, monotypes…), je prolonge cette exploration des différents terrains de jeu de l’écriture : fissures dans un enduit, disposition des pierres d’un mur ou d’un chemin, alignement de légumes à l’étal d’un marché, tas de bois, feuillages enchevêtrés…

Autant d’éléments évoquant à mes yeux le déroulement joyeux de l’écrit, parfois sage et linéaire, parfois plus improbable et sautillant. Ainsi le travail sur la lumière proposé cette année par le château de Verchaüs m’aura permis d’aborder avec légèreté les questions de la clarté d’un texte ; clarté des propos ?… Transparence des idées ?… Aération du geste calligraphique ?… Autant de questions que j’évoque symboliquement par la lumière pouvant se faufiler (si elle le veut bien) entre les lettres d’une écriture inconnue sculptée dans le ciment. Ou encore par la transparence d’écritures en feuillages ou en mots indéchiffrables (mais sans doute riches de sens) signifiés sur une matière elle-même transparente et perméable à la lumière.

Et une sélection d’œuvres de l’artothèque GAC 07

Animation autour de l’exposition

Vernissage : Vendredi 5 avril à 18h30 – en présence d’Adoxa Compagnie – Lab’Oratorio – Performance de texte en voix et improvisation libre à la basse électrique

 Journées européennes des métiers d’art (JEMA) : du samedi 6  au dimanche 7 avril de 11h à 19h : ouverture des ateliers  des résidents du château

Rencontre avec les artistes :

  • Dimanche 14/04 à 15h : Émilie Castanier, « démonstration d’une création de vitrail traditionnel au plomb »
  • Dimanche 21/04 à 15h : Célia Pascaud, démonstration : réalisation d’un bijou en pâte de verre
  • Dimanche 28/04 à 15h : lecture de Marie Verreaux de morceaux choisis autour de « l’immatérielle  lumière »
  • Dimanche 05/05 à 15h : Alexis Degardin, « œuvrer » en cuir
  • Dimanche 12/05 à 15h : Antoine et Pauline Bravar, coloriage géant autour du thème lumière
  • Dimanche 19/05 à 15h : Dominique Tavernier, monotype sur papier de soie

 Finissage : Dimanche 26 mai à 17h

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